Aventures Dinannaises

Nous Anti-Gaspi, une épicerie d’un genre nouveau

Bonjour, bonjour ! 

On se retrouve aujourd’hui pour le premier « véritable » article de cette série des Aventures Dinannaises. Pour ce premier article, j’ai eu l’occasion de partir à la découverte d’une épicerie située à Taden, à deux pas de Dinan : l’épicerie Nous Anti-Gaspi. Même si cette épicerie n’est pas directement une initiative dinannaise, il m’a quand même semblé intéressant d’en parler étant donné que je trouve le concept très intéressant et que je pense qu’il gagnerait à se faire connaitre davantage. 

L’aventure des épiceries Nous Anti-Gaspi a débutée en 2018 près de Rennes, à Melesse. Depuis, elles ont beaucoup évolué et on compte aujourd’hui 12 de ces épiceries en France dont 7 en Bretagne et ce n’est pas terminé, de nombreuses autres antennes devraient ouvrir leurs portes dans les prochains mois. L’idée de base derrière ces épiceries est simple : réduire le gaspillage alimentaire et non alimentaire par différents moyens dont je vais te parler juste après. 

C’est donc au sein de l’antenne de Taden des épiceries Nous Anti-Gaspi que j’ai été reçu il y a déjà quelques jours par Anthony Mauduit, son directeur. L’épicerie située à Taden à ouvert ses portes en début d’année 2020 et malgré l’épisode du confinement qui est arrivé peu après son ouverture, elle a su trouver son public et s’imposer parmi les différents commerces déjà implantés dans le secteur. 

Si les épiceries Nous Anti-Gaspi ont pu se développer si rapidement et séduire toujours plus de consommateurs, c’est parce qu’elles sont en mesure de proposer à la fois à leurs clients des prix attractifs et une consommation plus éthique et responsable

Ce qui explique ces prix attractifs, c’est le fait que les produits vendus au sein de ces épiceries soient des produits qui étaient destinés initialement à être jetés et donc gaspillés car ne pouvant pas être vendus au sein des grandes et moyennes surfaces classiques pour diverses raisons. La plupart du temps, ces fameuses raisons pour lesquelles les produits ne peuvent pas être vendus sont assez futiles et c’est là que Nous Anti-Gaspi a su intervenir et trouver sa place.

Parmi ces raisons, on peut notamment trouver des défauts de packaging, des tailles de légumes pas dans les standards ou encore des délais de consommation trop courts… La plupart de ces raisons n’altèrent en rien la qualité des produits et c’est ce qui rend encore plus dommage le fait qu’ils ne soient pas vendus et ainsi jetés. C’est d’autant plus dommage lorsque l’on sait qu’en France c’est plus de 10 millions de tonnes de produits consommables qui sont jetés par an. 

Voici deux exemples de produits que j’ai pu observer lors de ma visite du Nous Anti-Gaspi de Taden. D’un côté nous retrouvons les pâtes Alpina se retrouvant ici car ayant un problème de packaging et de l’autre, nous retrouvons des oeufs avec des calibres trop petits pour les cahiers des charges de la grande distribution. Si ces produits n’avaient pas été rachetés par Nous Anti-Gaspi, ils auraient probablement été mis de côté et potentiellement jetés.

C’est donc directement auprès des fournisseurs des grandes et moyennes surfaces que les épiceries Nous Anti-Gaspi vont agir, elles vont récupérer dans la mesure du possible et de manière raisonnable ce qui ne peut pas être vendu dans les supermarchés classiques pour ensuite le revendre à des prix attractifs. 

Concernant les fruits et légumes, ce sont les directeurs des différentes antennes de Nous Anti-Gaspi qui vont traiter directement avec les producteurs locaux afin de leur acheter des produits de saison que la grande distribution refuse de vendre. Ces légumes parfois qualifiés comme ‘’ moches ‘’, ‘’ difformes ‘’ ou encore ‘’ hors normes ‘’ ne sont peut-être pas esthétiquement parfaits mais gustativement parlant, ils sont tout aussi bons et ne méritent pas d’être délaissés. 

Les intérêts de ces épiceries d’un genre nouveau sont donc multiples :

  • Économique : le prix des produits est en moyenne de 20 à 30% moins cher que dans les grandes surfaces classiques. 
  • Écologique : elles permettent de lutter contre le gaspillage de produits consommables (fruits et légumes mais aussi produits transformés). 
  • Humain : elles donnent la possibilité d’aider les producteurs locaux en leur apportant un complément de revenu via la vente des fruits et légumes qu’ils n’auraient jamais pu vendre habituellement aux grandes surfaces classiques. 

Je pense que ce qui fait également le succès de Nous Anti-Gaspi, c’est le fait qu’ils travaillent au quotidien à établir une relation de confiance et de transparence avec leurs clients. Quand on circule dans l’épicerie, on peut repérer des petites pancartes expliquant le pourquoi du comment le produit s’est retrouvé ici, rien n’est caché au client.

Anthony Mauduit m’a confié lors de notre entretien qu’il était très important pour eux de rester des commerces de proximité « à taille humaine » afin qu’un lien puisse être entretenu facilement avec les clients. C’est d’ailleurs dans cette même optique que les épiceries Nous Anti-Gaspi essayent en temps normal d’organiser au moins un événement par mois ayant pour but de créer un temps d’échange avec leur clientèle. Ces événements peuvent par exemple prendre la forme d’un petit déjeuner où seraient invités en tant qu’intervenants plusieurs maraichers et producteurs travaillant régulièrement avec le magasin. 

Cette proximité avec la clientèle est également renforcée par une présence importante et quotidienne de Nous Anti-Gaspi sur les réseaux sociaux. Ils y communiquent régulièrement leurs arrivages mais aussi des recettes et conseils afin de créer un véritable échange avec leurs abonnés.

Arrivé à ce stade de l’article, je pense qu’il est temps d’aborder l’une des questions qui attirait peut-être le plus ma curiosité en venant interroger Anthony Mauduit : la question du zéro gaspillage. En effet, le gaspillage étant le cheval de bataille de Nous Anti-Gaspi, il me semblait particulièrement intéressant de savoir quels moyens ils avaient mis en place pour réussir à le réduire au maximum. 

« On en est pas loin » m’a répondu Anthony Mauduit. 

Tout d’abord, le directeur de l’antenne Nous Anti-Gaspi de Taden m’a confié avoir très peu de pertes sur les fruits et légumes grâce à l’approvisionnement quotidien qui est possible par la mobilisation des différents producteurs locaux

Concernant les produits frais et modifiés, lorsque leur date de consommation limite approche, Anthony Mauduit alterne entre deux options afin de limiter au maximum le gaspillage. La première, c’est de faire don de ces produits à tour de rôle à trois différentes associations locales : Noz Deiz, le Secours Populaire et la Croix Rouge. La seconde, c’est de proposer à la vente des paniers de ces produits sur l’application Phénix avec laquelle il collabore. Par l’intermédiaire de cette application semblable à Too good to go, l’épicerie vend au prix de 5 euros des paniers ayant une valeur initiale de 10 à 15 euros. Grâce à ces deux options, la quantité de produits jetés et gaspillés se retrouve alors considérablement réduite.

Parallèlement à ça, les directeurs des différentes antennes de Nous Anti-Gaspi veillent toujours à ne pas acheter de trop grands stocks afin qu’ils puissent être sûrs de pouvoir tout écouler ou presque avant que les produits ne soient plus comestibles. 

Afin de rester dans cette optique de réduction du gaspillage, les épiceries Nous Anti-Gaspi essayent également d’utiliser le plus possible des matériaux recyclés dans la construction de leurs magasins. On peut ainsi y retrouver des présentoirs en carton ou encore des meubles réalisés en palette. A l’antenne de Taden, Anthony Mauduit m’a aussi parlé de son projet de faire construire un nouveau parc à chariots constitué de 70% de matières recyclées.

Avant de venir à Dinan, je ne connaissais pas du tout cette épicerie mais je suis content d’avoir pu la découvrir. Je pense qu’avec ce concept ils ont réussi à trouver le bon moyen d’allier économie et consommation plus responsable. Le succès de Nous Anti-Gaspi démontre d’ailleurs bien qu’il y avait une certaine attente de la part des consommateurs vis à vis d’un magasin de ce genre. En contribuant à ce succès, les consommateurs ont également montré qu’ils étaient disposés à changer leurs habitudes et à faire preuve d’adaptation étant donné qu’avec ce modèle, les produits proposés en rayons par Nous Anti-Gaspi sont amenés à changer régulièrement en fonction des arrivages.

J’espère que cet article t’aura plu et intéressé autant qu’il a pu m’intéresser. N’hésite pas à donner ton avis en commentaire et également à t’inscrire à la newsletter récemment mise en place.

Et enfin, merci beaucoup à Anthony Mauduit qui a accepté de me recevoir et de répondre à mes questions. Vous pouvez retrouver son magasin à l’adresse suivante : ZAC de la Paquenais, 22100 Taden.

A bientôt !

Petit bonus : Tu te demandais à quoi ressemblait un panier proposé par Nous Anti-Gaspi sur l’application Phénix pour 5 euros ? J’ai testé pour toi et voici un petit aperçu de ce que ça peut donner. Bien évidemment, les paniers sont toujours différents, mais ça peut toujours te donner une idée de ce qu’ils peuvent contenir en termes de quantité. Dans le panier que j’ai reçu, certaines choses ne me plaisaient pas nécessairement mais j’ai pu les partager avec mes amis et ma famille afin de ne rien gâcher. Si tu es toi aussi un peu difficile en termes de nourriture, je t’invite à faire comme moi et à partager ce que tu n’aimes pas pour éviter le gaspillage et rester dans l’esprit initial de la démarche.

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